| Yobioctets par seconde (Yio/s) | Pétabits par seconde (Pbit/s) |
|---|---|
| 1 Yobioctet par seconde | 9671406556.92 Pbit/s |
| 2 Yobioctets par seconde | 19342813113.8 Pbit/s |
| 3 Yobioctets par seconde | 29014219670.8 Pbit/s |
| 4 Yobioctets par seconde | 38685626227.7 Pbit/s |
| 5 Yobioctets par seconde | 48357032784.6 Pbit/s |
| 10 Yobioctets par seconde | 96714065569.2 Pbit/s |
| 20 Yobioctets par seconde | 193428131138 Pbit/s |
| 25 Yobioctets par seconde | 241785163923 Pbit/s |
| 50 Yobioctets par seconde | 483570327846 Pbit/s |
| 100 Yobioctets par seconde | 967140655692 Pbit/s |
| Référence | Yobioctets par seconde (Yio/s) | Pétabits par seconde (Pbit/s) |
|---|---|---|
| A dial-up modem | 5.79026 × 10-21 Yio/s | 5.6 × 10-11 Pbit/s |
| Typical home broadband | 1.03398 × 10-17 Yio/s | 0.0000001 Pbit/s |
| Gigabit Ethernet | 1.03398 × 10-16 Yio/s | 0.000001 Pbit/s |
| Streaming a 4K film | 2.58494 × 10-18 Yio/s | 0.000000025 Pbit/s |
Le yobioctet par seconde est une unité de débit de données valant 1 024 zébioctets par seconde, soit deux à la puissance quatre-vingts en octets par seconde. Son symbole est Yio/s. C’est le plus grand débit binaire que la Commission électrotechnique internationale ait nommé, et le dernier barreau de l’échelle commencée avec le bit par seconde.
À cet échelon final, les usages binaire et décimal diffèrent de 20,9 pour cent. Ce chiffre clôt l’argument que les préfixes de la CEI furent créés pour trancher : une habitude de nommage fausse de 2,4 pour cent au kibibit par seconde a grandi, par huit multiplications successives par 1,024, jusqu’à un écart de plus d’un cinquième. Aucun système de mesure ne peut porter une ambiguïté aussi grande, et toute la série binaire existe pour la supprimer.
Le débit lui-même n’a pas de référent. Un yobioctet par seconde vaut plus de huit millions de fois le trafic instantané total de l’internet, et transférerait en une seconde plusieurs milliers de fois tout ce que l’humanité a jamais conservé. Rien ne produit de données à ce rythme, rien n’en consomme, et rien ne se conçoit en vue de cela.
Cela ne rend pas l’unité inutile. Définir l’échelle entière d’avance signifie que la règle — tout préfixe se combine à toute unité — est tout ce qu’il y a à apprendre, et une règle se porte plus aisément qu’une table d’exceptions. Le même principe a donné au système métrique son jeu complet de préfixes, et l’ajout de ronna et quetta en 2022 a prolongé le côté décimal sans qu’aucun nom binaire correspondant ne fût défini.
L’intérêt pratique d’une telle unité est de rendre uniforme le comportement d’un convertisseur. Un outil qui traite les cas impossibles par la même règle que les cas ordinaires mérite qu’on lui fasse confiance quant à l’absence de cas particuliers cachés, et c’est une propriété désirable dans un objet dont le but entier est qu’on puisse s’y fier.
Pour le lecteur, la série entière se ramène à un caractère : Kio/s, Mio/s, Gio/s, Tio/s, Pio/s, Eio/s, Zio/s et Yio/s sont binaires ; ko/s, Mo/s, Go/s, To/s, Po/s, Eo/s, Zo/s et Yo/s sont décimaux ; et l’écart entre eux s’élargit d’une erreur d’arrondi à un cinquième à mesure qu’on monte.
Un yobioctet par seconde équivaut à 1 024 zébioctets par seconde, à 1 208 925 819 614 629 174 706 176 octets par seconde ou à environ 1,209 yottaoctet par seconde.
Le pétabit par seconde est une unité de débit de données valant mille térabits par seconde. Son symbole est Pbit/s. Il marque la frontière de la recherche en transmission optique : le débit auquel les laboratoires ont porté des données dans un seul brin de verre, et dont aucun système déployé n’approche encore.
Les records furent obtenus en combinant trois techniques. La fibre multicœur place plusieurs chemins guidant la lumière dans une même gaine, si bien qu’un brin unique se comporte comme un faisceau. Le multiplexage en longueur d’onde fait courir des centaines de couleurs distinctes dans chacun de ces cœurs. La modulation avancée code de nombreux bits dans chaque impulsion. C’est la multiplication des trois qui atteint le pétabit par seconde.
Ces démonstrations courent sur des dizaines de kilomètres de fibre en conditions maîtrisées, non sur les milliers qu’un câble sous-marin en service doit franchir. La distance est le point dur : les signaux s’atténuent, la dispersion étale les impulsions les unes sur les autres, et les effets non linéaires du verre croissent avec la puissance. Chaque kilomètre ajouté rend le même débit plus difficile à tenir, et c’est pourquoi les câbles posés restent deux ordres de grandeur sous le record de laboratoire.
En octets, un pétabit par seconde fait 125 téraoctets par seconde, soit à peu près le stockage de cent vingt-cinq gros disques durs déplacé chaque seconde. Rien, à l’un ou l’autre bout d’une telle liaison, ne saurait produire ni absorber des données à ce rythme ; le chiffre décrit la capacité du support et non un usage de celle-ci.
À l’échelle du réseau, l’unité sert pour des agrégats. La capacité totale d’interconnexion d’un très grand centre de données, la capacité conjointe de tous les câbles atterrissant sur un continent et le trafic de pointe des plus grands réseaux de contenus s’expriment en pétabits par seconde. Ce sont des sommes sur des milliers de liaisons et non la cote de l’une d’elles.
La trajectoire mérite d’être notée. La capacité transocéanique a crû d’environ un facteur dix tous les sept ou huit ans pendant plusieurs décennies, poussée presque entièrement par une meilleure électronique et de meilleurs codages plutôt que par davantage de verre. Si cela se poursuit, le pétabit par seconde décrira un câble en service d’ici une génération.
Un pétabit par seconde équivaut à 1 000 térabits par seconde, à 125 téraoctets par seconde ou à environ 0,8882 pébibit par seconde.